« Pour une Algérie Républicaine Moderne et Sociale »
   
  PARTI pour la LAICITE et la DEMOCRATIE (P-L-D) ex MDSL
  De la représentativité de S. Deramchi!
 
                                                     De la représentativité !

Le hasard a fait que ce jour-là, le mardi 26 octobre 2010, j'eus entre les mains un journal
ramassé dans le train; «la croix».Pour passer mon temps, je me mis à le feuilleter. Un gros titre en
page 8 attira mon attention « le féminisme islamique affûte des arguments».
C'est ainsi que j'appris que des femmes et des hommes se sont retrouvés à Madrid pour réfléchir
ensemble et relever un défi « réinterpréter le Coran et la Chariâ dans une vision égalitaire ».
D'emblée, l'article pose la problématique au travers de « Houria Bouteldja ». Cette dernière serait
exaspérée par la question de «l'incompatibilité entre le féminisme et Islam » dans l'imaginaire
occidental et par dessus tout elle exprimait cette exaspération au nom des musulmanes de France
car, figurez-vous, qu'elle se déclarait les représenter à ce congrès!
Cette dame , si elle parle des musulmanes de France, sait sûrement ce que signifie musulmanes de
France. Pour ma part, moi qui suis musulmane de naissance, je dois vous avouer que de toutes mes
rencontres, mes lectures et l'écoute des vécus des unes et des autres, je n'ai jamais pu rencontrer
une seule et unique définition de la « femme musulmane ».
J'ai croisé autant de définitions et de pratiques que de musulmanes. Quelques fois et autrefois , je
prenais du plaisir en échangeant avec certaines. Mais lesquelles d'entre elles représentez-vous, alors
Mme Bouteldja? Vous vous présentez comme « fille d'immigrés algériens » et représentant Les
musulmanes de France », et je remarque bien que vous ne représentez pas Des musulmanes de
France, mais Les musulmanes de France, c'est-à-dire « toutes ».
Madame, je comprends la blessure de votre mémoire d'anciens colonisés; sachez que je la partage
avec vous d'autant plus que je l'ai vécue dans ma chair et mon âme au fin fond des Aurés.
Par ailleurs, je sais aussi que Louise Michèle, Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi et toutes les
porteuses de valises inconnues ressentaient ma douleur et me faisaient espérer.
C'est vous dire, madame, que la France au singulier que vous rattachez aux musulmanes ( que vous
représentez), ce mot là est multiple tout comme musulmanes.
Je voudrais bien croire que vous représentez des musulmanes qui partagent vos valeurs mais
lesquelles? Elles sont introuvables dans l'article.
Que vous représentez les musulmanes de France libère mon imaginaire et m'incite à réagir.
Oui! Je vous vois , en fait, je vous imagine en haut d'une scène exposant vos valeurs de lutte pour
l'égalité, pour la liberté et surtout pour le libre choix de disposer de sa personne; oh! Oui , je vous
vois et vous me donnez du courage et de l'enthousiasme et je me dis pourquoi ne pas aller juste
m'attabler à une terrasse de café à Alger ou à Téhéran les cheveux au vent.
Et la réalité me rattrape et une voix profonde me dit « tu es folle , tu veux te faire massacrer!
Madame, êtes-vous élue par toutes ces femmes au nom desquelles vous parlez?
Mais au fait qui représentez-vous au juste? A ce congrès vous étiez plusieurs femmes d'origine
diverses vivant et travaillant en Occident . Vous remarquerez aussi que c'est un homme qui parle du
combat des féministes marocaines.
Vous et moi et toutes celles qui ont pris la parole dans l'article cité, nous sommes dans des espaces
où des femmes d'origines diverses n'ont pu faire résonner leurs voix qu'au prix de nombreuses luttes
qui se poursuivent à ce jour.
Un soutien de toutes ces femmes réunies à ce congrès pour les femmes de Hassi
Messaoud( Algérie), pour les couples pourchassés parce que non mariés dans beaucoup de terres
natales ou maternelles, pour ces jeunes jugés pour avoir choisis de ne pas faire le ramadhan , pour
les femmes dilapidées car suspectées d'adultère et pour toutes celles qui au nom de leur liberté se
sont contraintes à l'exil, m'aurait touchée.
Madame , l'article dans ce qu'il rapporte , me laisse sur ma faim, car il n'est nulle part question de
liberté. Mais qu'est-ce l'égalité sans liberté? Ce qui m'amène à aborder la question soulevée par
Laure Rodrigeuz Quiroga, présidente de l'Union des femmes musulmanes d'Espagne et coorganisatrice
de ce congrès, car disait-elle: «Aux yeux des féministes européennes très eurocentrées
et qui se sentent porteuses de valeurs universelles, le féminisme est par essence laïque et donc
fondamentalement incompatible avec l'islam.» Oui il y aurait incompatibilité à partir du moment où
les religions tendraient à organiser et à gérer l'espace public. Or c'est ce que la laïcité veut justement
empêcher; les religions relevant du privé.
Ma mère, mes soeurs, moi-même et beaucoup d'autres femmes ayant vécu l'arbitraire de certaines
lois découlant du texte « sacré » ; au nom de toutes celles-là, il me reste une dernière question à
vous poser à vous et à toutes celles qui tentez une ré interprétation du texte « sacré » ( et c'est à
votre honneur): l'égalité hommes/ femmes devant l'héritage, la valeur juridique du témoignage d'une
femmes, le devoir conjugal des femmes et la libre disposition de leur sexualité, en feraient-elle
parties?
Salima Deramchi :Féministe laique

 
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