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  La Tribune du 13 novembre 2011!
 

 

LA TRIBUNE DU 13 NOVEMBRE 2011.

 

Le Pr Chaoui dresse un état déplorable du système de santé

 

Appel à un débat national serein et à l’abri des lobbies


Photo : M. Hacène

Par Samir Azzoug

Alors que le gouvernement tente une nouvelle approche pour mettre fin aux dysfonctionnements du marché du médicament, d’éminents professeurs de médecine revendiquent un débat national sur le secteur de la santé. Réunie hier dans une salle exiguë à l’initiative du Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), une palette de professeurs de médecine et de spécialistes de la santé est venue débattre de leur secteur et écouter l’exposé de l’éminent professeur Farid Chaoui, spécialiste en gastro-entérologie, qui est revenu sur la situation du système de santé national. Méthodiquement et sereinement, ce dernier relève les points essentiels handicapant le secteur. La dichotomie - qui ne devrait pas être - entre le secteur privé et public, le financement de la santé publique, la politique générale, la formation… tout est à remettre en cause et à étaler sur la place publique pour un débat général à tous les niveaux. Sur la problématique public-privé, le conférencier déplore un système de santé «sauvage» où «la solidarité (hôpitaux publics, gratuité des soins) ne fonctionne pas et un système ultralibéral (le privé) qui fonctionne aux dépens des ménages». «Je ne dis pas qu’il faut sacrifier le secteur public ou diaboliser le privé, mais inscrire ce dernier dans un système de convention avec un cahier des charges bien précis», préconise le Pr Chaoui en réclamant une carte d’assuré social unique et commune utilisable dans tous les secteurs de santé. S’agissant de la question du financement du secteur de la santé, le professeur juge «aberrant le double financement Etat-Sécurité sociale. Il faut une seule carte de sécurité sociale, créer une carte d’assurance maladie commune et une caisse unique pour financer les programmes de santé élaborés par le ministère de la Santé. Il faut un seul système de santé et un financement centralisé». Revenant sur la récurrente mise en avant par les différents gouvernements de la lourde facture d’importation des médicaments, l’orateur réduit cette vérité par la force des chiffres et comparaisons. Par de simples calculs mathématiques recoupés, les 2 milliards de dollars d’importation deviennent 60 dollars par an à hauteur d’habitant. La dépense en médicaments par Algérien se situe donc à 60 dollars «alors qu’en France elle est de l’ordre de 800 dollars». Pour le financement du système de santé, la même logique est adoptée pour arriver à la déduction que l’Etat débourse 250 dollars par âme en prenant en compte les 4% du PIB mis à la disposition de la santé, alors que «la France débourse 4 000 dollars par habitant». En termes de politique de santé, le Pr Chaoui résume en trois étapes le mode opératoire pour stabiliser le système : un programme national, une hiérarchisation des priorités et un financement adéquat. «En 2020, l’Algérie comptera 40 millions d’habitants dont 12% - soit entre 4 et 5 millions - de séniors. Il faudra alors établir des priorités entre la gestion de cette transition épidémiologique entre les maladies qui connaissent une émergence exponentielle dues au mode de vie (maladies cardiovasculaires, métaboliques), qui coûtent cher en matière d’investigations et de traitement, et les maladies transmissibles comme les hépatites, le sida…», explique-t-il en mettant en relief l’absence de programme national basé sur la pertinence en lui substituant l’équipement, d’un côté, et le «danger» que représentent les lobbies des laboratoires pharmaceutiques, de l’autre. Il citera l’exemple du cancer. «Des sommes énormes vont être dépensées pour la lutte contre le cancer, alors que 10% de femmes meurent en couches et que les taux de mortalité infantile et juvénile restent importants. Doit-on accorder la priorité au cancer pour rallonger la vie de trois mois et répondre à l’appel des lobbies pour l’acquisition d’équipements couteux ou investir dans l’encadrement ?», s’interroge-t-il pour motiver l’importance de la construction d’un programme de santé à court, moyen et long termes, en insistant : «Suivre les lobbies est une démarche suicidaire.» Revenant sur la question des médicaments, le Pr Chaoui met en relief trois aspects : la formation des médecins, la production nationale et la coopération régionale. Il exhorte les formateurs à inculquer aux praticiens la dispense de soins, et non la prescription sur ordonnance. «Avec 200 à 300 médicaments, on peut soigner l’essentiel des maladies.» Il ira encore plus loin en révélant que 80% des maladies relèvent de la prise en charge psychologique. «Avec l’une des plus sanglantes guerres de libération et une décennie de violence auxquelles le peuple algérien a assisté, les stress post-traumatique qui est transmissible est effarant. Et personne n’a pris cette problématique au sérieux», déplore le professeur. Pour conclure, le professeur Chaoui, qui appelle à un débat national serein à l’abri des lobbies et laboratoires pharmaceutiques sur le secteur de la santé, comme pour tous les autres secteurs, un débat pacifique qui n’engendre pas de frustration pour régler un problème «idéologique pour un choix de projet de société», affirme qu’après la mise en place de toutes les recommandations, il faudra une dizaine d’années pour stabiliser le système de santé national.  

 S. A

 

 
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