« Pour une Algérie Républicaine Moderne et Sociale »
   
  PARTI pour la LAICITE et la DEMOCRATIE (P-L-D) ex MDSL
  NASREDINE GUÉNIFI et DANIEL TIMSIT
 
 
NASREDINE GUÉNIFI et DANIEL TIMSIT
 
 
 
EL WATAN DU 25 MARS 2010
 
NASREDINE GUÉNIFI. Cinéaste
«Daniel Timsit a adhéré à la révolution
sans aucune réserve»
 
Dans un film de deux heures,
le cinéaste Nasredine Guénifi
recueille le témoignage de
Daniel Timsit, Algérien
d'origine judéo-berbère, sur
son engagement pour une
Algérie indépendante forte
de toutes ses composantes
humaines. Daniel Timsit,
décédé le 1er août 2002, fait
partie de ces Algériens non
musulmans qui ont participé
activement à la guerre pour
l'indépendance de l'Algérie
et qui sont aujourd'hui
oubliés ou méconnus. Le film
de Nasredine Guénifi sera
visionné aujourd’hui, jeudi
25 mars, à Paris, aux Trois
Luxembourg, à 21 h. La
projection sera suivie d'un
débat avec le réalisateur
Nasredine Guénifi, Alice
Cherki, psychiatre, Catherine
Simon, journaliste au Monde
(sous réserve) et
Abderrahmane Bouchène,
son éditeur.
Propos recueillis par
Nadjia Bouzeghrane
Pourquoi un film sur Daniel
Timsit ?
Mon intérêt est que les Algériens qui
ont participé à la guerre de libération,
quelle que soit leur origine ethnique ou
confessionnelle, puissent raconter aux
générations qui n'ont pas participé à
cette guerre ce qui s'est passé, les raisons
de leur engagement. Quand j'ai
rencontré Daniel Timsit en 1998 dans
un cadre associatif, moi-même je ne
savais pas exactement qui il était. J'ai
commencé par filmer la cérémonie de
remise du prix de la Société civile des
auteurs multimédia (SCAM) à Daniel
Timsit pour son livre, Algérie, récits
anachroniques. Il m'a fallu quelques
jours pour le convaincre de revenir sur
ce passé et d'accepter que son témoignage
soit filmé. Il y a eu quatre entretiens
étalés sur une période de six mois,
de début 2000 à juin 2000. Je voulais
qu'il réponde à mes questionnements.
Par exemple ?
Ce qui l'a motivé, en tant que juif, à
participer à la guerre de Libération
nationale. Daniel Timsit s'est engagé
dans ce combat, pas seulement en
apportant son soutien politique, moral
ou matériel comme d'autres l'ont fait, il
est allé plus loin, il a fabriqué des
bombes.
Il s'est senti partie prenante de
cette cause ?
Il aspirait à une Algérie indépendante
avec toutes ses composantes. Disparu
le 1er août 2002, Daniel Timsit fait partie
de ces Algériens non musulmans qui
ont participé activement à la guerre
pour l'indépendance de l'Algérie et qui
ne sont pas connus.
Qu'est-ce qui vous a semblé le plus
important à retenir de vos
entretiens ?
Dans ses réponses, Daniel Timsit a
balayé un champ très large : l'identité
algérienne, la nation algérienne,
l'Algérie avant la révolution, pendant la
révolution, après l'indépendance.
C'était à la fois un cours d'histoire et un
appel aux Algériens d'aujourd'hui pour
leur dire : «Vous ne savez pas d'où vous
venez, vous ne savez pas ce qu'était
l'Algérie sous l'emprise coloniale.
Soyez fiers de votre algérianité.» J'ai
retenu deux heures d'entretien.
L'exercice n'était pas facile.
Et qu'avez-vous découvert ?
D'abord l'homme. C'est quelqu'un
d'extrêmement sensible, modeste,
généreux, qui possède une vaste culture,
qui comprend très bien l'histoire de
son pays. Ensuite, l'homme d'action.
Lui, un médecin, a choisi comme remède
pour soigner son pays, de prendre les
armes. Il fallait le faire, disait-il, parce
que le colonialisme ne laissait pas
d'autre choix. Il y a aussi l'homme qui
réfléchit beaucoup, confronté à sa
propre conscience. Malgré les déviations
qu'elle a connues post-indépendance,
il est resté fidèle à la révolution
de Novembre 1954. S'il critique ce qui
s'est passé après l'indépendance, il en a
la légitimité. Avec quelques mots très
simples, il a exprimé dans le film son
dépit.
Et il administre une très belle leçon
de tolérance...
Daniel fait la part des choses. Il exprime
une tolérance envers ceux qui n'ont
pas commis de crimes. Il développe un
message de paix pour le futur.
C'est ce qu'il faut retenir du film ?
Les propos de Daniel Timsit s'adressent
aussi bien aux Algériens, qu'aux
pieds-noirs, aux juifs qui sont partis, et
aux Français qui n'ont pas compris
grand-chose à cette guerre de libération.
Et aux gouvernements des deux
pays ?
Evidemment aux gouvernements des
deux pays. Pour ce qui concerne
l'Algérie, il considère qu'il est temps
d'écrire la véritable histoire et qu'il faut
en finir avec les non-dits. Daniel Timsit
répond aussi aux Français qui parlent
des bienfaits de la colonisation. Il exprime
ce que pense la majorité des
Algériens à ce sujet.
Comment sa famille a-t-elle
accueilli le film ?
Avant même de le montrer au public,
la famille et surtout les filles de Daniel
ont vu le film. J'ai ensuite envoyé le
DVD à Monique, sa veuve, qui n'habite
pas Paris. J'ai eu en quelque sorte un
feu vert moral de la famille et j'ai travaillé
encore sur le montage. Je suis
arrivé à une mouture de 2h05, je me
suis dit que ce serait ennuyeux pour un
public en salle. Quand j'ai visionné le
film au Magic Cinéma de Bobigny, la
directrice du cinéma a proposé à la
famille d'organiser une projection
publique sur invitation. A notre grande
surprise, la salle était comble. Je me
suis demandé si les gens allaient rester
jusqu'à la fin. Personne n'a quitté sa
place pendant toute la durée de la projection.
Tout cela, grâce au talent de
conteur de Daniel et à son authenticité.
Que va devenir ce film ?
J'ai quelques contacts en France pour
une programmation éventuelle. En
Algérie, je n'ai pas encore fait de
démarche. Des associations, notamment
à Alger, peuvent organiser une
projection. D'ici l'été, les contacts pourront
être pris.
Pourquoi avoir choisi le témoignage
à voix unique, celle du narrateur ?
Ce n'est pas un documentaire classique
autour d'un portrait. J'ai voulu
laisser la parole au témoin.
Quel but vous êtes-vous assigné en
réalisant ce film ?
Je me considère un peu comme un
passeur de mémoire. Depuis quelques
années, je constate, et je ne suis pas le
seul, que le mot patriotisme, dans le
sens noble du terme, a disparu. Des
jeunes harraga quittent ou veulent quitter
l'Algérie, d'autres Algériens ne se
sentent plus concernés par leur pays.
Pourquoi ne fait-on rien pour que la
jeune génération puisse comprendre
que l'Algérie c'est son pays et qu'il faut
faire avec ? Il n'y a pas mieux que le
témoignage d'un ancien, à condition
qu'il soit rendu sans langue de bois,
sans tabous. C'est ce que fait Daniel
Timsit, je suis certain que d'autres le
feront aussi.
Quels seront les prochains
témoins ?
Un producteur français s'est montré
intéressé par ce film. Il me propose de
continuer sur le même thème pour la
télévision, avec la réalisation d'un documentaire
classique avec deux ou trois
témoins.
Ce genre de documentaire n'a-t-il
pas été déjà fait ?
Il s'agit de rappeler que la participation
à la guerre de Libération nationale
a été plurielle, même si la participation
des non-musulmans était minoritaire.
Je ne parle pas des Français de France
qui ont soutenu le mouvement de libération.
Très peu. N. B.
NASREDINE GUÉNIFI. Cinéaste
«Daniel Timsit a adhéré à la révolution
sans aucune réserve»
Dans un film de deux heures,
le cinéaste Nasredine Guénifi
recueille le témoignage de
Daniel Timsit, Algérien
d'origine judéo-berbère, sur
son engagement pour une
Algérie indépendante forte
de toutes ses composantes
humaines. Daniel Timsit,
décédé le 1er août 2002, fait
partie de ces Algériens non
musulmans qui ont participé
activement à la guerre pour
l'indépendance de l'Algérie
et qui sont aujourd'hui
oubliés ou méconnus. Le film
de Nasredine Guénifi sera
visionné aujourd’hui, jeudi
25 mars, à Paris, aux Trois
Luxembourg, à 21 h. La
projection sera suivie d'un
débat avec le réalisateur
Nasredine Guénifi, Alice
Cherki, psychiatre, Catherine
Simon, journaliste au Monde
(sous réserve) et
Abderrahmane Bouchène,
son éditeur.
UNE ALGÉRIANITÉ PLEINEMENT ASSUMÉE
EXTRAIT DU FILM :
Mes ancêtres sont des Berbères judaïsés à une époque qui remonte peut-être à deux
mille ans. Mais que m'importe ! Je suis contre les distinctions. Quand je suis entré dans
la révolution, il n'y avait pas de conception ethnique ou religieuse de la nation et de
notre avenir. Je suis Algérien par ma mentalité, par mon histoire, par ma vie, par mes
goûts et par mes amis. Et si je suis un Algérien en exil, il y en a d'autres aussi. Ce n'est
pas parce que je vis en exil, ce n'est pas parce que j'ai une autre culture qui s'appelle la
culture française et que je suis moins Algérien que n'importe quel autre Algérien. Une
minorité de pieds-noirs — moi, je ne suis pas un pied-noir— a participé à la guerre de
libération. Il y a des gens qui se sont sacrifiés pour l'indépendance de l'Algérie. Et je
ne vois pas pourquoi on doit les exclure de notre mémoire, de notre histoire. Dans mon
engagement, j'ai le sentiment d'avoir été solidaire de mon peuple et fidèle à ma lignée
familiale, à mon grand-père qui était grand rabbin de Constantine, qui n'a jamais porté
que le burnous. Dans sa jeunesse, mon père était colporteur à La Casbah.
 
 
Daniel
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(
 
 
 
 
Daniel
 
 
 
 
 
 
 
 
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